Un O(V)NI a débarqué sur notre planète…
… J’ai nommé : Interstellar Lab, le projet complètement fou imaginé par Barbara BELVISI, qui en est aujourd’hui la CEO.
Elle se donne pour mission et non des moindres de :
« Préserver la vie sur Terre, l’étendre à l’espace. »
Accompagnée par une équipe d’experts – tous très pointus dans leurs domaines respectifs (design, hardware, manufacturing, software & control, science) – et qui ne cesse de grandir (50 personnes en mars), cette start-up franco-américaine a développé un BioPod.
Le BioPod, késako ?
Pour le savoir, j’ai rendez-vous dans la zone industrielle d’Ivry-sur-Seine pour participer à une visite guidée par Manon Gilles, Head of Innovation d’Interstellar Lab.
Le BioPod est une serre inspirée de recherches spatiales, où l’on est en mesure de recréer n’importe quel type de climat et de reconstituer un écosystème complet, afin de cultiver des plantes et d’améliorer leur résistance.



Cela vous parle ? C’est probablement parce que vous avez déjà vu/lu à propos du concept des « fermes verticales ». La société Interstellar Lab dit aller encore plus loin avec son BioPod car elle est en mesure de contrôler beaucoup de conditions, de jouer sur les métabolismes des plantes et d’en augmenter leurs actifs par exemple.
La température, l’humidité, la lumière, l’eau, la radiation solaire, … sont autant de paramètres climatiques et atmosphériques qui peuvent être réglés en temps réel. Le BioPod est aussi autonome dans sa gestion : équilibre O2/CO2, 0 déchet dans l’environnement, recyclage de l’eau, la prochaine version fonctionnera à l’énergie solaire.
C’est une serre aux dimensions assez impressionnantes : 11m de long, 5m de large et 6m de haut, qui offre jusqu’à 100m2 d’espace de culture hautement contrôlé.


Des avantages multiples
- Offrir un approvisionnement efficace, durable, traçable et local ;
- Pallier les effets du changement climatique, qui ont un réel impact sur les récoltes et les prix, voire même, qui rendront bientôt indisponibles certains ingrédients.
- Préparer à ce changement climatique les plantes à parfum (tester la lavande en augmentant la température et en baissant l’humidité par exemple)
- Reproduire un climat d’une région pour voir quelles plantes peuvent pousser dans ces conditions.
- Proposer des ingrédients avec une qualité olfactive constante ; avec les ingrédients sourcés dans la nature, les maisons de composition tentent de « lisser » le rendu olfactif d’une matière d’une année sur l’autre.
- Les rendements et la productivité (accélérer la croissance des plantes) : dans la nature, il faut par exemple attendre au moins 3 ans avant que le rhizome de l’iris ne soit extrait contre un an avec le BioPod. Les rendements du vétiver et de la rose sont 9 fois supérieurs dans le BioPod, celui du patchouli 17 fois.
- Le développement d’ingrédients uniques et exclusifs
Une offre innovante et de nombreux clients
Le business modèle d’Interstellar Lab repose aujourd’hui sur deux offres :
1. La possibilité d’essayer la bio-agriculture
2. L’achat d’un Biopod
Cet environnement contrôlé, couplant science et IA, est susceptible d’intéresser de nombreux secteurs : food, pharma-médical et parfumerie-cosmétique. La société se concentre aujourd’hui sur ce dernier secteur et a déjà signé divers contrats dont un très important avec Robertet, maison de composition spécialisée dans les ingrédients naturels, qui a acquis un BioPod.
Ils ont aujourd’hui 2 types de clients :
1. BtoB (les maisons de composition) – Robertet, le premier acheteur, qui va installer son BioPod dans le sud de la France, à Grasse. Le 2ème contrat signé a été dévoilé lors d’une conférence à la Paris Perfume Week et c’est avec dsm-firmenich.
2. BtoC (les clients de ces maisons) – L’Oréal est actuellement en phase de tests.
Le BioPod peut s’installer n’importe où du fait qu’il n’ait pas besoin de fondation. Ainsi, la société vise la lune en 2027 et Mars en 2030. Interstellar Lab a également un contrat avec la NASA pour nourrir les astronautes et développer l’agriculture spatiale.


Un grand merci à Manon Gilles et Manuel De La Chica, pour la visite guidée riche en apprentissages ; à Dominique Brunel de Nez, Le Mouvement Culturel Olfactif et à la Paris Perfume Week pour cette opportunité incroyable de découvrir une entreprise si fascinante et ambitieuse !
Aurélie Jamin
